Les vacances sont souvent un espace où l'on tente de remplir son temps avec des activités et d’autres choses que l'on ne fait pas habituellement. Les vacances perdent alors le sens que l’étymologie du mot donnerait à penser. Ce qui est vacant est vide! Et c'est cette vacance justement, ce vide qui est intéressant!
Ce vide nous invite à une observation fine de ce que nous sommes. Ce vide, est riche des possibles qu'il contient potentiellement, de nouveau dans notre vie.
Pas seulement de nouveaux paysages, de nouveaux lieux plus ou moins exotiques, de nouvelles expériences, mais aussi la possibilité de nouvelles façons de penser.
Penser autrement, penser plus joyeusement, penser et construire son bonheur...Merci les vacances...avec du vide!
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Que regarde-t-on? Le plein? Le vide?
La beauté de ce jardin ne procède-t-elle pas de cette construction et de cet équilibre qui invite à se poser là, et tenter d’accueillir en soi ce qui est là, ou pas?
En tous cas, chaque fois que je vais chercher mon thé aux "Jardin de Gaïa", je profite pleinement de ce cadeau qu'ils font aux personnes qui viennent les voir.

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les rencontres avec mon grand père se suivaient au rythme de mes vacances, des visites de mes parents chez lui ou des siennes chez mes parents. C'était à chaque fois une rupture nette dans le fil de ma vie; j'attendais avec une impatience non feinte le moment où il allait me regarder, et m'inviter à la promenade. Cela faisait plusieurs jours que j'attendais la rencontre Nous nous étions quittés sur l'idée de la peur de la séparation et celle de l'abandon, deux peurs dont il disait qu'elles étaient douloureuses et normales à la fois. Je me souviens d'avoir abordé avec lui cette normalité de la peur. La peur est juste à un certain moment. C'est lorsqu'elle s'installe, lorsqu'elle fait des bourgeons, lorsqu'elle envahit le "jardin" que cela devient problématique. Ainsi, lorsque nous nous vîmes, je lui demandais de revenir sur ces peurs dont il avait promis de me parler. Il y avait en moi comme une fascination pour elles et je pensais déjà que sans doute j'allais rencontrer en moi les restes de ces peurs. Il m'amena sur le banc au fond du jardin. Il prit aussi deux balles de tennis usagées et me demanda de m'asseoir à nouveau comme sur le rocher, les balles sous mes fesses et de me centrer sur la sensation puis sur la perception de ma respiration. A nouveau, au bout de quelques minutes, je perçus en moi cette qualité de présence calme qui me permettait d'entendre ce qu'il disait sans être emporté, submergé par mes émotions. Il posa ses mains l'une sur l'autre, sur ses cuisses. je voyais sa position assise et sentais la force qui émanait de lui. Nous respirions à l'unisson.
"Comme je te le disais, quand nous naissons, nous sommes déjà en contact avec tout un monde émotionnel; qui vient de ce temps de gestation où nous vivons en fusion avec notre mère, et puis nous vivons la séparation de la naissance. C'est une expérience fondamentale, nous gardons toute notre vie en nous les traces de ce moment. La peur de la séparation est liée à cette période du lien très fort avec la mère; c'est une période de fusion où l'enfant, le bébé se sait totalement dépendant pour son existence de l'adulte. Seul, il ne peut rien. Ni se nourrir, ni se chauffer, il ne peut vivre seul. Il arrive qu'un ou des évènements vienne marquer dans la mémoire de l'enfant l'absence de sa mère. Ce peut être un voyage, une hospitalisation, quelque chose qui va venir toucher la confiance que l'enfant porte à l'adulte. Il arrive quelque fois que cela se mette en place un peu plus tard, quand une sœur ou un frère arrive et que les parents semblent un peu moins attentifs à l'enfant. Le petit enfant va alors vivre la panique d'être laissé, séparé, abandonné. L'enfant ne sait pas encore discriminer les choses et si une telle situation se présente, sa peur va la lui faire vivre intensément et de manière définitive. Ces évènements laissent des traces longtemps dans l'esprit de ces enfants, souvent ces traces vont rester toute la vie, s'il ne s'en occupe pas. Cette peur de l'abandon va se rejouer dans l'inconscient de ces personnes qui auront peur de nouer des relations ou qui vont quitter la relation en premier par peur d'être quitté. Toute leur vie va être orientée par cette problématique: Quitter ou être quitté.
-Et si l'enfant a vu rapidement qu'il n'était pas abandonné?
-Repenses aux jardins; quand une graine a pris racine, elle pousse et produit des fruits qui vont se semer et éclore et ainsi de suite. "La plante-peur-d'être-abandonné" pousse très rapidement et est très vivace, très résistante. Il est difficile de s'en occuper pour éviter qu'elle ne graine et qu'elle n'aille envahir les autres jardins.
-Je comprends que la première graine vienne de la relation du bébé et de sa maman, mais ensuite, comment puis-je reconnaitre ce genre de plante qui viendrait de quelqu'un d'autre? Cette plante produit chez le jardinier dont le jardin en est envahi des manières de vivre douloureuses. Comme je te le disais, ils quittent souvent par peur d'être quitté. De ce fait, ils ont du mal à s'engager de manière sûre, fiable. Ils mettent beaucoup d'énergie à tenter de se protéger de dangers qui en fait n'existent pas, du moins pas ailleurs que dans leur tête. Souvent, comme ils ne se font pas vraiment confiance à eux mêmes, ils tenteront de se rassurer en entrant dans des groupes de personnes où ils tenteront de trouver une place rassurante. Ils chercheront une personne qui soit pour eux une référence. Ils se mettent souvent sous l'autorité de quelqu'un auquel il pourront se référer, mais avec la peur que ce "chef" ne les quitte, ne les abandonne. Leur chemin de libération est souvent plus ardu que celui d'un autre jardinier qui a moins de ces plantes-peurs, qui s'en occupe.
-Comment s'en occuper?
-Oui, il y a de bonnes méthodes pour empêcher que ces plantes n'envahissent le jardin, je t'en parlerai. Mais avant, j'aimerais que tu me dises ce que tu sens?"
Sa question me ramena à moi; je dus bien reconnaitre que je n'étais pas si confortable qu'au début. Je lui dis et aussi que je pensais que d'en parler avait réveillé cette peur en moi, et que je faisais confiance dans ses conseils de jardinier avisé. Il m'invita à en dire plus. Je perçu alors de manière plus fine ce qui se passait en moi. Une sensation dans mon ventre qui avait tendance à se rentrer, ma respiration était plus haute, plus restreinte qu'au début. Des impatiences dans mes jambes, et une envie de partir de ce banc. Je lui rapportai tout cela, il eut l'air satisfait.
-Bien me dit-il, nous allons passer au jardinage!

Allez, le temps de chercher dans la remise les outils et j'arrive...Bientôt?
Probablement!