Il y a des périodes étranges dans la vie. Celles où des évènements semblent entrer en résonance, semblent faire coalition afin que nous puissions y trouver et y prendre, -enfin?- un enseignement.
Jeudi: Enterrement!
Samedi: Enterrement!
Les personnes qui partent ainsi? Des proches, des gens qui dans leur décès se soustraient à notre amour ou du moins, si nous continuons à les aimer, nous n'avons plus de signes d'eux qui nous disent que notre amour est reçu.
Alors? Alors, continuer à aimer!!
Il n'y a que cela de vrai!
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Et aussi, savoir les signes, savoir où ils se trouvent et en faire des repères d'orientation...




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Bien plus tard dans ma vie je trouvais dans certains textes une résonance à ce que je touchais là, de cette idée d'un "ensemencement des autres jardins" à partir de ce qui poussait dans le sien propre. Ce ne fut pas tant dans des livres de psychologie, qui s'ils m'ont été utiles pour comprendre au mieux le fonctionnement de l'esprit humain, ne répondaient pas à ce niveau de compréhension que j'avais entr'aperçu avec mon grand-père. A partir de la métaphore des jardins, de l'attention que chacun doit porter à ce qui pousse en lui, de ce qui vient de son histoire mais aussi de ce qui vient des autres, de toutes ces "graines" qui arrivent portées par notre manière de recevoir les informations de notre environnement qu'il soit humain ou autre, je pris conscience de la nécessité de se cultiver soi même, c'est à dire de porter une grande attention à ses pensées, à ce qu'on laisse nous pénétrer de ce qui nous vient par nos cinq sens. S'il y avait des plantes peurs, il y avait aussi d'autres plantes, des plantes tendresses, des plantes empathie, des plantes amour. Et puis, ce que je laissais s'installer, venant de l'extérieur. Il me fallut longtemps pour repérer ce qui arrivait, quelquefois bellement, et cela ne posait pas de soucis, mais quelquefois insidieusement, et là, il y avait un vrai danger. Je m'en occupai donc, et pour sortir de la métaphore, je dirai que l'analyse fut cet espace où j'appris à discerner ce qui était en moi, de moi, et ce qui venait de l'extérieur et qui n'était pas moi. J'appris à m'affirmer, c'est à dire à me positionner tranquillement, à ne pas permettre à l'autre de m'utiliser même si le plus souvent c'était à son insu, à son esprit défendant, inconsciemment. Il fut un temps où j'en arrivai, paisible avec mon environnement, ne me sentant plus en danger d'être "colonisé" par l'autre, à réfléchir à ce qui partait de moi pour aller vers les autres. En quoi, moi même, je pouvais juste par ma manière d'être influencer la vie des autres. Ce fut à ce moment que je retrouvai la Bible et les textes de la tradition, l'Ancien et le Nouveau Testament. Je mets des majuscules à ces titres car pour moi ce sont des écrits majuscules. Ce fut d'abord un contact lointain, puis, comme j'aimais le faire à cette époque, un contact affectif, c'est à dire que je lisais les passages qui me plaisaient, ceux aussi que j'aimais rencontrer au hasard de mes lectures. Et puis un thème se détacha de tous ces versets, qui s'accorda à la métaphore des jardins et comment il pouvait y avoir des passages de l'un à l'autre, des semences qui volaient portées par des phrases, par des actes que je montrais aux autres. Ce thème c'est que ce n'est pas ce qui entre par la bouche qui rend l'homme mauvais, mais ce qui en sort. Pour ce qui concerne les jardins: L'attention doit être orientée autant par ce qui pousse dans notre jardin, le fait de ne pas laisser n'importe quoi prendre racine qui vient de l'extérieur, mais surtout, faire en sorte que les plantes dont on sait qu'elles sont invasives, envahissantes n'aillent pas dans les autres jardins. Je décidai de porter le plus d'attention à empêcher que les plantes invasives ne grainent en moi, et si elles le faisaient, empêcher qu'elles n'aillent coloniser les autres jardins. Cette orientation à m'interdire de susciter chez les autres certaines émotions, de m'empêcher de participer à certaines "contaminations émotionnelles" fut ce qui m'amena le plus de joie.
C'est aussi cette attention qui permet, selon moi, de travailler au mieux les peurs qui nous habitent.

...Et remettre sur la table de son ouvrage le grand livre des peurs.
Ouvert?
Probablement!