...Quand nos pensées le sont. Lorsque, après un temps de retour à soi nous avons lavé de nos yeux la présence de ce voile que pose sur eux les états d'âme de nature grisaillante.
Alors, le regard et l'esprit libres, nous percevons le monde tel qu'il est: Monde!!!
Et, par notre action même, notre manière d'être, nous le décorons, chacune, chacun à notre façon, partageant ainsi les couleurs de la palette humaine.

Quand l'est s'allume


Les nuages passent et partent visiter d'autres contrées...


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Car je touchais là une des clé de ma manière d'être d'aujourd'hui. Ce qui est le plus dommageable n'est pas tant la peur de ceci ou de cela, c'est le type de relation, d'interaction que l'on entretient avec son intériorité. Donc, dommageable parmi tout ce qui se passe à l'intérieur de soi, la présence des peurs. Oui, il y a en moi des peurs; oui, elles sont là pour beaucoup d'entre elles depuis ma naissance et pour certaines depuis avant ma naissance. Mais là où je peux tout d'abord agir n'est pas sur leur présence. Encore moins sur mon environnement en espérant qu'il n'y ait pas proche de moi les éléments phobogènes c'est à dire générant de la peur. Je peux agir sur la peur de ma peur; sur cette émotion, cette sensation qui fait que quand une peur se présente à mon esprit, je vais être figé, immobilisé par les éléments physiologiques de ma peur. Je vais cesser de penser, cesser d'agir, du moins d'agir de façon cohérente. La peur de ma peur me fait produire des comportements qui augmentent les effets de cette peur. Je reviendrai sur cette augmentation des effets de la peur. Mon grand-père m'apprit à observer avec distance la présence des émotions qui me traversaient, entre autres la présence des peurs. Je me souvenais de la première fois qu'il me demanda de m'asseoir sur le dessus d'un rocher et sur deux pommes de pin. Prendre la décision et le temps d'apprendre à observer les mécanismes de mon esprit et les états physiologiques qui en découlent. Cela me sauva de l'errance dans les espaces de la peur et de la dépendance. Sur cela aussi je reviendrai... Ainsi, petit à petit, quand je ressentais une émotion, et je dois bien dire que les peurs me visitaient souvent à cette période, j'appris à m'observer, c'est à dire à conscientiser ce qui se passait, à le penser, à mettre des mots dessus. J'appris à modifier mon discours, mes dialogues intérieurs pour en faire, en quelque sorte, des relation d'observation.
-Et les émotions agréables, et la joie, et la bienveillance, et la légèreté de l'âme? -Serait-il inadéquat de les vivre tout en en étant pleinement conscient? En pouvant se dire en soi même: "Je me sens pleinement heureux"?
Toutes les émotions peuvent être ainsi parlées à l'intérieur de soi au moment même où elles se déroulent. S'il n'en était ainsi, le mésencéphale nous suffirait, comme pour tous les mammifères, nous n'aurions nul besoin d'un néocortex!
L'observation intérieure m'éloigna petit à petit de la peur de mes peurs. De ce fait, je pus progressivement les dissoudre au contact de ma pensée. Dans l'instant même où elles se déployaient en moi, avec leur cortège de sensations, leur cortège de comportements inconfortables, je restais vigilant et décidait du comportement le plus adéquat que la situation exigeait, car bien des peurs sont utiles, nous prévenant d'un réel danger. Je devenais libre...au moins des effets délétères de mes peurs!
Fut-ce aisé? Rapide? -Non, et je continue aujourd'hui encore cette vigilance, cette attention, ce travail libérateur. Peut-être te demandes-tu si cela vaut la peine pour soi, pour vivre de mieux en mieux? Cela vaut la peine, mais pas seulement pour soi...Également pour ne pas contaminer les autres...Les autres jardins!!

Quand nous sommes bien assis dans notre jardin, paisibles parce que nous l'entretenons...
Il devient possible de penser aux autres jardins, penser à ne pas laisser le vent emporter certaines graines de chez soi?
Probablement!