...De reprendre ce travail ds peurs. semaine occupée, trop, luxuriante en activités, en voyages...
Dans cette luxuriance, nous devons nous méfier des premières images quelquefois idylliques qui nous viennent à l'esprit, d'exotisme, de forêts sentant la vanille...Il existe des luxuriance abritant quelques éléments qui pourraient nous blesser. N'est-ce pas de ces éléments que de dire "Au revoir" à des personnes que l'on a aimé et que l'on aime encore? Et pourtant, entre blessure du cœur et possibilité de l'âme, la passerelle, si elle bouge un peu, n'en franchit pas moins le cours d'eau,
Lethé? Styx? ou rivière au cœur de la forêt...

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Et affermir son pas afin de traverser...


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Alors, il se rapprocha de moi et ouvrit à nouveau le grand livre de la vie.
-Vois-tu, quand tu es né, comme tous les humains, tu vivais déjà depuis un bon moment dans le ventre de ta mère, et, si tu ne parlais pas encore, tu étais déjà perméable à bien des choses. D'abord, tu as reçu alors que tu étais porté dans le ventre de ta mère, la perception des émotions qui la traversaient. Les mamans devraient bien être conscientes que ce qu'elles vivent pendant l'attente de la naissance de leur enfant ne leur appartient pas tout à fait en propre. Elles sont déjà dans l'imprégnation émotionnelle de leur enfant. Ce qu'elles vivent touche l'enfant, que ce soit agréable ou désagréable. Souvent, elles le font en sentant que c'est juste, elles nourrissent ainsi leur vie de beau, de bon. Elles se mettent en condition de beauté. Leur esprit est orienté par le fait de non seulement nourrir le corps qui se développe en elle, mais aussi déjà l'âme. Le père quand c'est possible fait de même. Il entoure la mère d'une attention, d'une sécurité qui permet cela. Ainsi, il participe à l'établissement des bases corporelles et spirituelles de l'enfant à naître. -Ils préparent la terre, ils labourent le jardin, demandais-je?
-Oui, et neuf mois sont juste suffisant pour le faire.
-Et ceux qui naissent en avance, de beaucoup?
-Souvent, pour ceux là, il y a des actes spéciaux qui sont mis en place après leur naissance pour à la fois protéger leur vie corporelle mais aussi protéger leur vie autre.
-Ainsi le jardin sera prêt pour le jardinier...
-Oui, écoute la suite qui concerne la peur. Je me souvins alors qu'il désirait me parler de cette première peur que nous connaissons déjà à notre naissance, dont les pousses sont déjà vivaces dans le jardin. Etais-je entré dans ce dialogue pour éviter d'en entendre parler? Je sus bien plus tard la fonction de certaines digressions. Alors grand-père me sourit et poursuivit: Aussi bizarre que cela puisse te paraître, il arrive que nous soyons porteur parmi les graines et les pousses qui existent déjà de la pousse de la peur de vivre. Imagines tu? Tu viens à la vie et à la respiration avec dans un coin du jardin, avec la peur de vivre. Et surtout, avec cette possibilité qu'ont ces peurs de se transmettre, de se multiplier, de s'étendre, C'est lorsque le jardinier croit qu'il n'a pas été appelé, qu'il n'a pas été désiré. Il a passé le temps dans le ventre de sa mère avec le sentiment qu'il est de trop, qu'il dérange, qu'il est supporté mais pas attendu joyeusement. Cette plante peur est toute petite par la taille, elle semble vouloir juste disparaître dans le sol. Elle s'interdit d'avoir une tige élevée, de pousser vers le soleil. Mais elle a cette particularité de couvrir progressivement mais facilement le sol empêchant alors la prise de nouvelles plantes. C'est une plante qui appauvrit le sol et reste rase empêchant le soleil d'atteindre d'autres graines qui sont déjà dans la terre. Les personnes qui naissent avec une grande partie du jardin qu'elles sont couverte de cette plante-peur-de-déranger, cette plante-peur de vivre, ont dès le départ beaucoup de travail afin d'enlever les petites tiges qui s'accrochent vigoureusement dans la terre. Si elles ne font pas ce travail, elles resteront longtemps, quelquefois toute leur vie avec le sentiment douloureux de porter un fardeau sur leurs épaules. ce poids porté en permanence les empêche de donner libre cours à leurs autres possibilités.
-Que peuvent-elles faire grand-père?
-Quand tout se passe au mieux, ces personnes rencontrent un autre jardinier et sont touchées par l'autre comme par une possibilité d'une autre vie. Alors, elles se mettront au travail et apprendront à vivre tout en extrayant petit à petit ces peurs. Si elle ne le font pas, leur manière d'exister risque de transmettre à d'autres jardins ces graines de peur. Sans le savoir, elles deviendront responsables de la prolifération de leur peur. Mais si elles le font, alors elles deviennent magnifiques car elles manifestent que cette peur n'est pas toute puissante et qu'il est possible de contrôler sa prolifération. Elles manifestent que le désir de vivre peut être plus grand que l'idée de déranger, de n'avoir pas le droit de vivre.
-C'est beaucoup de travail d'enlever ces pousses?
-Oui, énormément, mais c'est un travail d'une profonde humanité car non seulement elles vont rendre son jardin plus libre, plus à même de recevoir le soleil, mais aussi, et peut-être surtout, elles vont montrer qu'il est possible de le faire. Les jardiniers que nous sommes ne jardinent pas seulement pour eux, mais aussi pour participer à l'établissement d'un grand jardin global superbe et nourricier." Je me sentais un peu bousculé par cet enseignement. J'essayais de regarder en moi pour voir s'il existait de ces plantes petites et couvrantes. Grand-père me sourit à nouveau et, précédant ma question me dit: "Bien sûr il y en a; dans tout être humain il y en a, mais la plupart d'entre nous naissons avec peu de cette pousse là, même si beaucoup croient qu'elles en ont beaucoup. Elle fait partie cette plante-peur de ces plantes qui génèrent la peur d'elles mêmes. La peur d'avoir peur. Tu te rends compte de ce mécanisme d'adaptation de cette peur? Pour subsister? Dans le fond, elle doit aussi servir à quelque chose ne crois-tu pas? Mais pour ce soir, cela suffit. Rentrons, nous aurons bien d'autres moments pour revenir sur les peurs;
-Demain?
-Oui, demain.
Le chat Plume s'étira et nous nous mimes en marche pour la maison.

Vivre avec sa, ses peurs, comme dans un milieu particulier et faire en sorte de respirer de mieux en mieux...
-C'est possible?
-Probablement...