Il est ainsi des semaines où la pensée se met en jachère.
C'est une forme d'hygiène quand la "terre donne des signes de fatigue". Le bon jardinier sait alors attendre que se rétablisse la capacité du sol à nourrir les végétaux...
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Quand la terre se repose, reste l'arrangement, support de la mémoire et activateur de futurs fleuris

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Bien des années après ces jours d'enseignement, je me souviens avec émotion de ce temps passé où mon grand-père construisait en moi une structure de compréhension, une sorte de bâti autour duquel allait se développer un mode de penser. Aujourd'hui, je me dis qu'il installait la charpente de soutien pour le lierre de mes idées. Je repense à ces moments d'une sorte d'herborisation où j'apprenais la nature de ce qui existe dans notre esprit, où sous cette forme métaphorique jardinière, il posait en moi ce nécessaire pour que j'avance sans peur dans la découverte des affects qui nous habitent. Nous avions je me souviens parlé des peurs et il m'avait demandé après m'avoir enseigné de lui décrire comment je voyais chacune de ces peurs sous la forme d'un végétal. Certains des végétaux étaient agréables à regarder, à sentir, certains repoussants d'aspect et d'odeur. certains étaient d'une structure simple, d'autres extrêmement compliquées, presque tourmentées et avaient des sortes de rejet épineux. Maintenant, il m'arrive de ne garder en moi que la pensée un peu technique, un peu simplificatrice d'une sorte d'énumération des peurs les plus courantes. Alors, ce que j'enseigne est plus de l'ordre d'un savoir que d'une connaissance. Je le regrette parfois et déplore alors l'absence de mon grand-père qui savait si bien transformer les peurs et les autres affects, en cette floraison de ce qui occupe les jardins.

Les jachères permettent une nouvelle floraison, une nouvelle saison avec des sols reposés.
Juste attendre et espérer?
Probablement...