La tristesse est un sentiment étrange; il arrive qu'elle s'installe et fait son nid dans notre cœur, et au bout de quelques heures, elle est là comme une amie douce et même, apaisante.
La tristesse pourrait-elle être apaisante? Oui, et cet apaisement vient signaler la justesse de ce ressenti.
Alors, j'observe cette tristesse en moi et je l'aime comme l'expression d'une pensée orientée par le juste d'une situation.
un arbre  m'a dit.

Dans la forme de l'arbre résident toutes les formes. Dans sa sève, toutes les vies.
Dans son devenir, toutes les finitudes et toutes les transformations.



Bien sûr, Pierre est devenu adulte, mais par le jeu des souvenirs orientés, il nous mène à son grand-père.
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-"Vraiment rien grand-père?
-Le mieux est de protéger ton jardin et les jardins alentours de ces graines, développer le plus possible les plantes que tu choisis, les belles, les odorantes, les nourrissantes; élever les murs pour empêcher au plus la prolifération de ces ronces, apprendre aux autres à faire de même et faire en sorte que dans très longtemps, il n'y ait plus de ces personnes insensibles, que l'eau ne peut pénétrer, et que s'il reste ces épines qui font partie du monde, tous savent comment en contrôler la prolifération." Ce soir là, nous rentrâmes, peut-être le pas un peu plus lourd, peut-être avec un peu plus de gravité.



Longtemps après cet épisode de l'éponge et de la pierre, il m'arrive de penser que ce fut là un grand enseignement. Je me souviens de ma douleur intérieure face à cette certitude que quelquefois rien ni personne ne peut agir sur une pensée, un comportement, ou aider une personne à changer. Il y a peu de ces humains totalement enfermés sur eux-mêmes, mais il y en a. Les circonstances, la vie ont fait que la souffrance, le mal ont proliféré en eux comme autant d'épines. Ce monde terrible fait de combat se renforce de lui même à partir d'un stade de développement. les ronces de peur, de colère, de violences se propagent jusqu'à envahir totalement l'esprit et le corps de la personne. Nous pouvons rencontrer de temps en temps de telles personnes. Ce sont celles qui ne peuvent qu'accuser. Jamais elles ne parlent d'elles, de leur cœur, de leurs émotions. Elles ne le peuvent pas; étrangement, c'est comme si elle n'existaient pas à leurs propres yeux, ou qu'il est dangereux de manifester à l'autre sa propre existence. Leur discours est construit autour de l'idée de jugement, de ce qui est bien, ce qui est mal, et il est possible d'entendre que ce qui est bien est ce qu'elles pensent et ce qui est mal est ce que pensent les autres. Elles accusent, portent un regard critique sur tout, et quand par exceptionnel elles parlent d'elles, c'est pour se dire victimes de quelque chose, de quelqu'un. Elles ne pensent qu'en termes de victime et de bourreau, le plus souvent sans savoir qu'elles sont elles mêmes leur bourreau, et dans un "jeu de projection", elles deviennent le bourreau des autres.

Tout cela n'est pas très gai n'est-ce pas?
Est-ce juste? Est-ce erroné? Suis-je moi aussi dans un mécanisme de projection?
Peut-être, le discernement seul te le dira.
TON discernement.
A très bientôt, probablement...