...C'est un jour férié! Ce paradoxe m'a été "soufflé" à l'oreille ce matin par ma femme: Pourquoi honore-t-on le travail en ne travaillant pas?
Au delà du sourire, il me venait tous ces mots, ces expressions que nous utilisons ainsi, sans y penser, et qui pourtant marquent notre esprit.
Très souvent, nous sommes inattentifs aux possibles effets de ces mots, ces phrases, que nous laissons nous atteindre au plus profond de nous même, dans notre pensée, et qui prennent racine en nous.
Là aussi, il nous faudra apprendre à extirper ces idées dont nous refusons qu'elles se développent en nous.

DSCF0458.JPG Ceci pousse aussi en forêt, et n'est pas du muguet...

...Nous en étions restés à "développer d'autres plantations"...

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Quelquefois, mon grand-père prenait du temps pour me répondre. Comme s'il devait plonger en lui, dans son expérience pour trouver des éléments pour construire sa réponse. Il me dit que oui, quelquefois c'est possible. La personne rencontre de manière inopinée un fruit, une fleur et est touchée au plus profond d'elle-même. C'est comme une révélation, elle découvre une autre manière de vivre, son orientation change, elle devient autre et souvent commence à cultiver différemment son jardin. Il est possible d'utiliser le mot "conversion", non pas dans un sens religieux, mais en changeant de direction, la personne retrouve son humanité. Elle sait intuitivement, mais aussi avec une grande certitude qu'elle a été touchée par quelque chose, une grande expérience qui la dépasse. Souvent, elle devient alors un grand jardinier, humain, tolérant. Fréquemment, elle sera alors encore plus attentive que les autres, ceux qui s'occupent de leur jardin depuis plus longtemps. C'est étrange, non? mon grand-père terminait quelquefois ses phrases par une question presque abrupte, générale, qui m'invitait à cet étonnement si important pour poursuivre l'intérêt aux choses. Ce jour là, je m'en souviens, il sembla plonger encore plus profondément en lui. La lumière de son regard sembla se ternir, tout son corps parut se tasser. sa voix devint sourde.



-Pourtant, quelquefois rien n'y fait; rien ne peut toucher certains jardiniers qui ne verront jamais la beauté d'une fleur, n'en sentiront jamais la senteur, ne se préoccuperont jamais des fruits ou de l'absence de fruits de leur jardin, ils sont comme obnubilés par la nécessité de couvrir les jardins alentours, le plus possible de végétaux épineux. Ils ne voient qu'un monde d'épines et de rudesse.



-Comment est-ce possible? Ils ne peuvent changer? Lui demandais-je. -Viens avec moi. Il me prit la main et j'entendis à nouveau cette voix particulière, la sienne quand il n’emmenait vers les rives de la métaphore."


Que signifient ces arrêts dans l'histoire? peut-être ce temps nécessaire pour qu'une pensée puisse ,être observée à l'aune de son discernement?
Probablement!