Oser se sentir bien. Bien, pas impatient!
Bien parce qu'il fait soleil, bien parce que j'écoute Haendel, bien parce que juste bien...
C'est pas forcément évident, notre esprit, nos pensées ont tellement tendance à aller déjà à demain, à après-demain; déjà à rassasier le présent d'un futur qui ne lui appartient pas.
Alors, être assis, sans plus, et se laisser porter par l'enthousiasme de Haendel. Enthousiasme; "en theo"; Dieu en dedans...Quelquefois, Dieu est assis au cœur d'une cantate.

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Au coin d'une rue quelquefois, sans s'y attendre, sans chercher, quelques personnes assises là, un chef, et la musique...
Haendel peut être partout, tout le temps...

Pierre ouvrait son cabinet...
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Les débuts furent difficiles, et bien des séances de supervision furent consacrées à l’accompagnement de ses nouveaux patients.



Et puis, les années passant, son cabinet prit de l’importance, et après une quinzaine d’années de pratique, il eut l’occasion de participer à des congrès, et fut sollicité pour participer à l’enseignement de thérapeutes dans une école. Là, il multiplia les expériences d’enseignement, et du fait de la présence dans plusieurs pays de cette école, il put travailler avec plusieurs groupes d’étudiants dont la pensée avait été structurée différemment, par une autre culture, par un autre cursus.



Il apprit à nouveau beaucoup de ces échanges, expérimenta la joie d’être écouté dans les congrès, put développer petit à petit la singularité de sa pensée, de son approche. Il changea d’école pour affiner encore quelques espaces de sa pratique, mettant en pratique l’adage qui veut que la meilleure manière d’apprendre est d’enseigner. Il donna de nombreuses conférences et expérimenta cette situation où la présence marquée de la fonction de conférencier lui permettait de dérouler sa propre vision des choses.
Vers la cinquantaine, il devint superviseur de ses jeunes collègues. Cabinet de thérapie, enseignement, conférences, supervision... Professionnellement il lui semblait qu’il manquait quelque chose. Il restait frustré d’une dimension qu’il percevait en lisière de sa conscience. Si sa vie personnelle lui faisait vivre des moments de plénitude, il sentait qu’il lui restait un espace de l’accompagnement à explorer, et que non seulement il le désirait, mais que c’était devenu une nécessité.



La pensée de son grand-père le visita beaucoup dans cette période ; il sentait qu’il devait s’extraire de quelque chose pour accéder à autre chose. C’est en forêt, au cours d’une promenade qu’il comprit qu’il lui était indispensable à présent de se détacher d’une forme d’accompagnement, une forme convenue en quelque sorte pour un accompagnement différent.



Et ce fut le début de l’expression de ce qu’il avait préparé depuis tant de temps et qui avait débuté avec les promenades avec son grand-père. Et ce furent les débuts de sa propre transmission.

Il m'arrive de parler avec Pierre, je lui demande quand il va transmettre.
Il sourit et répond: "Un de ces jour, probablement"...