Il y a quatre années maintenant j'écrivais ici mes espérances, mais aussi mes craintes devant un voyage qui s’annonçait pour bientôt. J'avais nommé ce blog: "Du printemps vers Compostelle".

C'était le commencement.

Le but de ce cheminement à pieds était Santiago de Compostelle, mais surtout, au delà des pas de la marche, au delà de cette destination géographique, le but était d'entrer en contact avec des espaces de moi que j'avais laissé quelque peu en jachère.

Aujourd'hui, le recommencement. J'ai débaptisé le blog et l'ai rebaptisé.
Aujourd'hui, il se nomme: "Du printemps vers plus tard".
Quatre années après, je reprends le fil d'une marche racontée à des lecteurs que je connais, ou pas. Pourquoi la raconter? Pourquoi la conter? Je crois que la marche est une activité magnifique qui suscite un travail de penser apaisé, qui invite à l'échange aussi après le parcours effectué. Pourquoi la conter publiquement? Lorsque j'ai marché vers Compostelle, j'ai fait cette expérience d'être souvent en lien à travers les billets que je publiais, avec des gens qui, même si je ne les voyais pas, même si je ne leur parlais pas, étaient présents dans mon esprit et mon cœur. Ce fut un grand moment d'amour éprouvé. Après mon retour, j'ai attendu que s'apaisent les effets de ce voyage autant extérieur qu'intérieur, qu'ils s'ordonnent en moi et aujourd'hui, je reprends le voyage.

Vers où? Je ne sais pas, je n'ai pas de destination géographique, mais il y a depuis le bout de la terre, depuis Fisterra où je m'étais arrêté, l'évidence d'une passerelle, d'un pont en moi, ( celles et ceux qui m'avaient lu savent combien j'aime les ponts), passerelle entre moi, mon environnement, et toi qui me lis. Je repars pour une destination-découverte que j'espère partager au jour le jour. Je repars avec l'incitation d'amis(es) qui de temps en temps me faisaient part de leur plaisir certains matins à lire et découvrir les paysages de ce blog. Je ne peux tous vous citer vous qui m'avez demandé d'écrire à nouveau, mais il y a toi Anne, et Christine, et Wilfried, et Guy, et toi Martine mon épouse qui suit jour après jour mon chemin et grâce à qui je reste en mouvement.

Aujourd'hui dans mon sac à dos, il y a une histoire; je la conterai au fil des pages et elle tricotera une autre histoire avec tes commentaires, (si tu m'en envoies), avec le fil du jour, avec les évènements du monde. Aujourd'hui, il y a ce désir de partager une certaine vision de la vie que j'expérimente jour après jour et qui me semble porteuse de possibles. Il y a le choix de tenter le bonheur quel que soit le monde. Ne suis-je pas une partie du monde? Autant faire en sorte que cette partie au moins soit paisible et heureuse... Alors, on y va? Mettre les habits idoines les billets seront courts, (c'est quoi court?) et, je le souhaite, journaliers. Autant que faire ce peut.