Grande campagne, la Galice, qui ressemble tant à la Bretagne, les crêperies en moins.
J'ai beaucoup marché, me sens porté encore par la proximité du but.
Trois jours peut- être, si je tiens le rythme.
Il fait beau, les pèlerins de 2,5,10 jours ou au long cours se densifient.

nature qui n'est pas morte Les "chambrées me font penser au moyen âge, un certain confort en plus. Là, dans une pièce d'une cinquantaine de mètres carrés, nous sommes , (pour l'instant) une vingtaine. Les matelas, à même le sol pour la plupart se touchent. Je "partage ma couche" avec un jeune couple allemand, et juste à ma tête, deux dames d'une soixantaine d'années, acariâtres, à qui j'ai signifié rapidement d'aller acariatriser ailleurs qu'avec moi. Je suis le pèlerin aguerri qui ne s'en laisse pas compter !! Faudrait-il les écouter, les aimer, les comprendre ? Ma compréhension a des limites, et je ne supporte toujours pas certains discours disqualifiants. Suis- je disqualifiant ?


lever de beauté à l'est. J'ai le sentiment que je me protège, et que je protège ma dynamique émotionnelle. Je n'ai pas le goût à me mettre dans des états désagréables. Pas après cette journée, où la nature, les arbres, les oiseaux et les grillons m'ont tous chanté que j'arrive bientôt. Où Yann m'a annoncé qu'il m'a trouvé sur Internet un billet de retour, où tout concourt à ma joie. Pendant plusieurs jours, semaines? J'ai peu, (pas), parlé de ces figures archétypales, ces figures de la tradition qui m'ont accompagné au début de ce voyage. Que sont- elles devenues ? Je ne sais.


sous le pont ; la rivière. C'est comme si mon intellect avait eu la nécessité de tricoter avec des idées, de s'appuyer aussi sur la tradition qui continue bien sûr d'être la Tradition, mais avec le besoin d'aller au delà, et de me laisser "travailler" par le chemin.
Comment les retrouverais-je ?
Je pense que j'aurai besoin de ces "images" qui aident à structurer, qui sont comme des étais pour aller plus loin. Là, j'ai le sentiment que maintenant je suis complètement dans l'attente de la " sortie de la matrice", de l'arrivée à Santiago. C'est Yann qui me cherchera à Frankfurt, et ca aussi c 'est une joie.

J'y suis bien pourtant, je m'y affirme, j'y ai ma place, j'y vis,....
Et j'attends pourtant d'en sortir.
De naître.
De partager la façon dont je m'y suis développé.
C'est pour bientôt. Trois jours de marche...

A très bientôt... J'espère.