J'ai passé le col..... De l'Alto de Paio.
Et ce fut à nouveau de la beauté toute la journée.
Les dieux de la météo et des genoux sont avec moi, le chemin se déroule et me prenant par " les pieds", m'amène à Santiago. Je suis un pèlerin volant, et le but m'appelle.

de l'air !! C'est la voix des sirènes que j'entends et qui m'attire et vers Santiago et vers le retour. Comment ne pas être enthousiaste quand tout concourt à la réalisation de la joie ? Je me rends compte que l'univers me renvoie le regard que je lui porte. Nous sommes des miroirs de l'univers, libres de renvoyer tel ou tel aspect, et ces aspects que l'on perçoit et que l'on renvoie, sont des images qui viennent peupler l'espace que l'on offre à la vue, au regard de l'autre. Là aussi se joue notre liberté d'être.

Nous pouvons partager la souffrance, le "pas beau", la malfaisance et la petitesse, et nous devenons des miroirs vecteurs de cela. Nous pouvons aussi renvoyer la beauté, la gentillesse, la tendresse qui réside de manière tout aussi fréquente, et nous devenons alors des vecteurs de cette beauté. C'est pas forcément facile, mais cela relève d'une décision. D'une décision prise librement quelques soient les aléas de notre vie. Renvoyer le beau pour mettre du beau, autour de soi. C'est aussi à cela que je pensais hier en écrivant sur ce que j'avais à dire à / de mon fils et ma fille de cœur. A la fois ils m'ont appris, et Roselyne en premier, que le regard d'un enfant à priori perçoit le beau. Que cela vaut la peine pour eux, pour cet "enseignement" qu'ils donnent, de devenir élève de ce beau. Yann, ensuite m'a renforcé dans cette nécessité. Je ne sais pas si j'ai été bon élève, mais aujourd'hui j'ai compris certaines de leurs "interventions" et je les en remercie. Qui a aimé l'autre en premier ?

chemin qui monte Je ne saurais le dire, aujourd'hui, je les aime pour la femme et l'homme qu'ils s'autorisent à être.

Aujourd'hui, je me suis posé la question de ce que je leur transmet à travers ce voyage. Les " effets secondaires" en quelque sorte. Peut- être que j'ai reçu d'eux, moi dont l'enfance a été différente, que l'amour du beau est possible et accessible quelle qu'ait été l'enfance justement. Merci à vous deux!!

L'exercice rend la mémoire palimpseste, et sur le beau se réinscrit le beau. Les montagnes de ce matin ont recouvert les souvenirs des montagnes d'hier et d'avant. La mémoire est palimpseste, et le chemin est le scriptorium des volumes que je donnerai à consulter.

pèlerin immobile

J'approche.... J'aurais peut- être le temps, l'occasion, l'envie de filer d'un coup de bus à Cap Finisterre pour chérir, selon le vœu de V. Hugo, la mer.
Ce matin, dans un village, j'ai retrouvé deux personnes de ce groupe avec qui j'avais cheminé quelques jours en France. Cela m'a fait plaisir de les saluer et d'échanger quelques mots, plaisir aussi de les saluer et de reprendre ma marche solitaire.
Je me sens aimé du chemin... aussi !
A très bientôt... J'espère.