Hier, longue descente, et moult kilomètres, aujourd'hui, longue montée, et moins de kilomètres. Et pourtant, je voudrais de plus en plus atteindre Santiago.
Je suis tendu vers ;


ceci n'est pas l'Alsace Je ne pense presque qu'à cela, ma vie actuelle, ( je suis quand même conscient de la beauté qui m'entoure), se résume à mouvoir mes jambes, et à suivre les flèches jaunes. Ce matin, en partant de Cacabelos, j'ai traversé des collines et des vignobles qui m'ont renvoyé il y a 2 ans, au début de mon périple, quand je marchais de chez moi à Besançon. Là aussi, c'était comme la clôture d'un cercle.
Et puis, doucement, et en suivant longtemps une nationale, la montée vêrs O Cebreïro.
C'est encore une limite que j'ai à franchir demain.
Le dernier col de ma route. La dernière montagne, la dernière grande difficulté naturelle. Ensuite, je me laisse rouler jusqu'à Santiago ! (sur 150 kms quand même). Alors, oui, aujourd'hui encore le chemin me nourrit, me transforme. Il m'offre (!!), des marcheurs français, qui parlent (beaucoup) entre eux. Pendant des semaines, je n'en avais quasiment pas vu, et là, il semble en surgir de chaque arbre ! Le plus souvent, je me contente de saluer d'un: Hola! Buen camino ! Et je passe. Je m'empêche d'engager la conversation ou d'indiquer que je suis français.

Rester dans ma direction de cheminement, et poursuivre mon " développement matriciel" Cette idée me poursuit tout au long du chemin, et même si la marche m'est souvent inconfortable, aujourd'hui, je " profite" au maximum de ce que le chemin-mère m'offre. Dans une semaine maintenant je le quitte. Cette séparation, je le sais maintenant est indispensable pour que je puisse vivre et partager. Je la désire, cette séparation, et pourtant, suis tenu par la LOI qui veut que les étapes soient certifiées sur ma crédanciale.

village ou je m'endors dans la beauté Il m'arrive de penser que recevoir la compostela n'est pas indispensable, n'ajoute rien à ce que je reçois du chemin, mais, voilà, je crois qu'il s'agit de dire, urbi et orbi, que j'ai accompli selon la loi, et que les "officiels" du camino en attestent. Cela me fait toucher cette presque faille, ( petite, une petite fêlure), qui manifeste qu'il y a des espaces de moi auxquels je ne crois pas encore suffisamment. L'idée de détenir cette " comme décoration" certifiera aux incroyants, et moi en premier, que ma parole est vraie quand je dirai que je l'ai fait. Les constructions, mêmes fiables, solides, gardent des lignes de rupture. Serait- ce cela que l'on nomme humanité ?


En tout cas, il me reste une semaine pour me préparer à être la manifestation concrète de qui je désire être, et me préparer à le vivre dans la/les relations.
Une semaine pour me préparer à dire plus souvent quand j'aime, à dire plus souvent l'essence de ce que je pense.
A laisser ce qui n'est pas moi, pas ma place, et à profiter et me réjouir de voir vivre ceux que j'aime.
Il faudra peut- être à ce propos que je dise ici des mots à Yann mon fils, et à Roselyne, ma fille de cœur. Ces mots qui peuvent être publics.

Après le passage de l'Alto de Poio ?

A très bientôt... J'espère.