maison résolument non troglodite à Leon ; nom : Cathédrale

Ça y est, j'ai passé Leon dernière grande ville avant Santiago.
Vous ais-je dit que je n'aime pas les grandes villes ?
Alors, j'ai pris le bus en banlieue, et j'ai passé la (grande) zone industrielle et commerciale.
5/7 vilains kms économisés.

Je ne le savais pas, mais la sortie depuis la cathédrale est du même style, et là, comme je devais suivre les flèches du camino, je les ai marchés. Hier, dans cette albergue moderne et économique, équipée de la wifi, j'avais pu envoyer mes billets. Aujourd'hui, albergue toujours, mais plus rustique.

Petite marche donc, d'échauffement dirais- je et puis le bus, et puis Leon et la cathédrale que Francois mon ami et voisin m'avait invité à visiter. Merci, car si celle de Burgos m'avait un peu submergé par ses ors et ce qui m'apparaissait " grandiloquent ", celle de Leon est très différente. Des ors, il y en a, mais elle est " habitée", et je m'y suis senti profondément bien. Un peu comme dans ces chapelles romanes que j'affectionne. Le travail des hommes est là aussi évident et me fait penser à une prière, et en plus, quelque chose invite à la méditation. Le décor ne "vole" pas le regard. Tout m'a invité à m'asseoir et rester juste là tranquille. Je n'ai même pas cherché à faire tamponner ma credanciale.

S'alléger ;
Hier, j'en parlais, et des jeux de l'esprit qui alourdissent notre vie.
Je continue d'apprendre ;

Ceux qui ont fait le chemin m'avaient pressé d'éviter à partir de Leon le camino frances qui suit la N. 120, très passante, et de prendre le camino réal qui passe dans la campagne. 10 kms et de la beauté en plus. Eu égard pour mon genou, j'avais choisi la version courte et bruyante. J'ai manqué l'embranchement, et me suis retrouvé sur le camino réal, buccolique et calme, et long. 2,5 heures de marche en plus aujourd'hui et demain!! Mais c'est beau !! Quand je m'en suis aperçu, j'ai éprouvé un début de colère contre moi. Il était trop tard pour faire marche arrière. (heureusement), alors, "sesh a so" ( les non dialectophones font appel aux dialectophones pour la traduction).


Camino tentant de se trogloditiser 10 kms après Leon Quelques respirations plus conscientes, et je peux pleinement jouir de la campagne et du commencement de la fin de la Meseta.
Juste à ce moment, Martine m'appelle pour un " coucou" familial.
J'ai aimé ce coup de tel. qui me demandait d'être présent et puis,... Juste aller plus loin.
J'ai promis à mon genou un vrai bon massage et ai tenu ma promesse.

S'alléger, la marche solitaire m'y aide de plus en plus. Je me défais de ce qui n'est pas le but, Je marche pour arriver, pour marquer la fin de la pérégrination, pour rentrer. Ma vie est marche à présent, pour une assise future. Assise dans tous les sens du terme. Je déroule le compte à rebours kilométrique (j'ai passé tout à l'heure la barre des 300), je marche orienté par le but futur. Arriver à Santiago, nourri de beau et de silences, et... être. Garder si possible ces silences en moi afin que l'autre puisse y interpréter sa musique. Marcher juste maintenant pour clore le cercle commencé il y a 25 ans déjà. Je prends conscience que ce qui a débuté il y a 25 ans, se clôt concrètement dans quelques 11,12 jours, donnant une possible naissance à autre chose. Pas sûr encore...

Dans les albergues, je goûte de plus en plus le fait de rester en dehors des groupes qui discutent, qui rient et font la fête quelquefois.
Je me sens heureux et bienveillant, je bois du thé et respire...là aussi.
Mes discussions durent maintenant 5,10 mns.
Faut-il plus ici ?
Dans le fond, nous sommes là pour des raisons proches, alors...

Alors,.... A un de ces jour ... J'espère.

J'aime beaucoup écrire ces billets, avec votre présence dans mon cœur.