Quotidiennement avais-je noté. Voilà un quotidien élastique ;
Entrer dans l'avant départ semble être pour moi une valse-hésitation, et pourtant...
je crois que chaque jour, la pensée de ce voyage à accomplir est présente.
En trois petites "sessions" de 12 jours, j'ai marché de Strasbourg jusqu'au Puy.
Échauffement ?
Maintenant, c'est le corps même de mon désir qui se présente à moi. Le désir a-t-il un corps ?
je répondrai peut-être plus tard à cette question!
Ce matin, pendant za zen, j'étais visité par cette idée un peu lancinante: D'où vient ce désir ? Comment est-il né ? De quoi? Comment a-t-il grandi ?
Tu le sais, za zen, on regarde passer les idées comme des nuages, sans tenter de les retenir ;
Mais après!! Après il y a eu ces mémoires, cette période dans ma vie, vers 1985, où la dimension nécessaire d'une spiritualité s'impose comme une évidence à moi, au décours de ma psychanalyse. L'idée du chemin est-elle née là ? Sans doute. Alors, elle est née de l'évidence du manque, du vide, de ce vide que rien ne peut remplir.
Rien; J'aime jouer avec les mots, et m'émerveiller d'un sens possible qui émerge de ce brassage, de ce jeu. Rien, nothing ; No thing ; Pas de chose. Pas de chose, pas une chose ne peut combler ce rien. Faut-il s'habituer alors à cette idée que quoique je possède, (ce que j'ai), rien de ce qui est "chose"ne pourra combler ce "manque" ?
Je crois que l'idée de marcher est venue dans cette période. Si je ne peux combler, alors je peux aller vers, et cette marche vers Saint Jacques de Compostelle, et Fisterra, (Là où finit la terre) sera l'habituation au mouvement, à la dynamique, à la manifestation de ce qui est Vie en moi.
Manifester plutôt que posséder, plutôt que vouloir combler...Mettre en pratique, en exercice, disait K.F.G.Durkheim ; S'attacher à l'impeccabilité de l'exercice et s'affronter à ce qui en émerge! Par exemple, le fait de passer d'1 billet par jour, à 1 billet tous les 3 jours!! Je tente à nouveau, dès demain, le quotidien..




Au cours de ces 25 années, l'idée du chemin m'a visité, d'abord rarement, et depuis 2 ou 3 ans, je dois bien reconnaitre que mes proches entendent souvent parler du chemin.
Les proches ont ceci de magnifique et d'amoureux, c' est qu'ils sont aussi les témoins et les rappels de nos rêves.
L'idée est née il y a longtemps. Aujourd'hui, elle est prête à naître dans la manifestation concrète de la marche.


A demain...peut-être ?