___ Du printemps vers plus tard ___

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi, 29 mai 2014

Les temps de jachère...

Il est ainsi des semaines où la pensée se met en jachère.
C'est une forme d'hygiène quand la "terre donne des signes de fatigue". Le bon jardinier sait alors attendre que se rétablisse la capacité du sol à nourrir les végétaux...
anniversaire_Martine_Cathy_2011_039.JPG


Quand la terre se repose, reste l'arrangement, support de la mémoire et activateur de futurs fleuris

32
Bien des années après ces jours d'enseignement, je me souviens avec émotion de ce temps passé où mon grand-père construisait en moi une structure de compréhension, une sorte de bâti autour duquel allait se développer un mode de penser. Aujourd'hui, je me dis qu'il installait la charpente de soutien pour le lierre de mes idées. Je repense à ces moments d'une sorte d'herborisation où j'apprenais la nature de ce qui existe dans notre esprit, où sous cette forme métaphorique jardinière, il posait en moi ce nécessaire pour que j'avance sans peur dans la découverte des affects qui nous habitent. Nous avions je me souviens parlé des peurs et il m'avait demandé après m'avoir enseigné de lui décrire comment je voyais chacune de ces peurs sous la forme d'un végétal. Certains des végétaux étaient agréables à regarder, à sentir, certains repoussants d'aspect et d'odeur. certains étaient d'une structure simple, d'autres extrêmement compliquées, presque tourmentées et avaient des sortes de rejet épineux. Maintenant, il m'arrive de ne garder en moi que la pensée un peu technique, un peu simplificatrice d'une sorte d'énumération des peurs les plus courantes. Alors, ce que j'enseigne est plus de l'ordre d'un savoir que d'une connaissance. Je le regrette parfois et déplore alors l'absence de mon grand-père qui savait si bien transformer les peurs et les autres affects, en cette floraison de ce qui occupe les jardins.

Les jachères permettent une nouvelle floraison, une nouvelle saison avec des sols reposés.
Juste attendre et espérer?
Probablement...

lundi, 19 mai 2014

Après la tristesse, le temps de s'interesser aux peurs? Avant un retour d'une autre tristesse, plus douce encore?

Étrange non, cette idée que la tristesse puisse être douce à vivre. "Berce mon âme des mouvements de la tristesse"...Pourtant, tout dépend de la manière dont nous vivons cette vie intérieure, celle des affects qui peuvent à la fois être douloureux et qui pourtant portent en eux, et nous le percevons plus ou moins consciemment, la possibilité d'une création nouvelle.
Alors, tout ce qui nous paraît inconfortable à vivre à priori, devient intéressant à ressentir, à vivre, et fécond d'énergie.

DSCF1751.JPG

Les formes s'offrent à notre regard et génèrent en nous des associations d'idées, d'images qui nous éloignent de ce qui est là.
Tout est question alors d'un retour au présent de ce qui est, et, apaisé, il devient possible de s'endormir...comme une souche?

Quelque part dans la forêt, Pierre et son grand-père nous attendent.

31
Mais avant de se pencher sur le "médicament", il est essentiel de connaître ce que l'on veut soigner. Soigner évoque la maladie, le dysfonctionnement, la souffrance qui en résulte. Cela évoque aussi au delà de ces noms ce qui est de la structure, et la peur procède pour moi de tout ces noms à la fois, et de bien d'autres! Un jour, j'ai choisi de considérer la peur comme faisant partie de la structure même de ma psyché, commune à toutes les psychés humaines.

Mon grand père me disait: Dans le jardin que nous sommes, toutes les plantes sont présentes, quelquefois apparentes, poussant plus ou moins bien, quelquefois sous forme de graine. Nous le savons tous, une graine dans un jardin a la plupart des conditions pour germer et grandir. Choisis celles que tu veux voir pousser dans ton jardin, et celles également qui sont indispensables à la vie de celui ci. Choisis un coin du jardin pour y cultiver certaines qui seront là juste parce qu'elles existent. Choisis en quelques une dont tu sais qu'elles sont rares, choisis en fonction de leur aspect, de leur odeur, de ce à quoi elles peuvent servir aussi. Certaines te soigneront si un jour tu en as le besoin, certaines peuvent être nocives si tu les laisses proliférer. -Grand père, les graines de la peur, suis-je obligé de les garder? -Elles sont là, et te connaissant, je sais que tu n'aimerais pas les laisser partir à tous les vents, les laisser pousser dans les jardins des autres. Il me regarda et continua: les graines de la peur, gardes les dans un endroit encore plus protégé dans ton jardin, un endroit où elles pourront vivre et être retenues d'une de leur caractéristique qui est leur tendance à proliférer; mets les dans une plate-bande entourée d'une petite palissade afin qu'elles soient bien à l'abri des vents qui pourraient les emmener. -Et cet endroit sera tout petit? Tu dois penser que les peurs sont variées, qu'il en existe des espèces très différentes; certaines sont utiles et peuvent même te sauver la vie; certaines sont étranges et ont servi quand le jardin était tout petit, elles servaient à faire en sorte que tu vives mais sont aujourd'hui inutiles à ton existence, elles font partie de ce qui fait ton jardin, elles doivent juste être contrôlées dans leur pousse. Elles sont et seront comme des modèles pour te permettre e comprendre plus tard le jardin et la vie des autres... -Grand-père, ces pousses-peurs, ont-elles un nom? -Oui, aujourd'hui, je vais te parler des pousses-peurs, celles que tu cultiveras dans un endroit protégé de ton jardin.

Nous aimerions souvent connaitre le médicament avant même la maladie. Ce ne serait pas productif, cela produirait de la peur...Probablement.

- page 1 de 7