les nuages du Puy

Il en est des grands voyages comme des autres. Ils sont soumis aux aléas des réalités, et là, la réalité se nomme grève de la SNCF. Le "trivial" se mesure à l'imaginaire, a ce qui pour moi, aujourd'hui, se nomme "essentiel". Dans le fond, il se pourrait bien que cet aléa soit déjà une occasion qui permette de faire œuvre d'adaptation. C'est amusant combien l'esprit peut se jeter ainsi sur la moindre nourriture émotionnelle.


L'exercice commence ; respirer !

Se souvenir, sentir...

Attendre, et sourire à ce qui est !

Ce matin le quai de la gare de chez moi était dense d'émotion. Martine avait l'air de s'éloigner quand le train est parti. C'est moi bien sur qui m'éloignait, mais il me fallait ce jeu de l'esprit pour pouvoir vivre cela. Je me suis ensuite "anesthésié" jusqu'à Lyon, et voilà comment il est possible de vivre le difficile, le presque douloureux. Vite, me souvenir que c'est moi qui l'ai voulu.

Refuser de chercher quelque part, autour de moi une raison qui serait autre que moi. Et puis, retourner dans le grand réservoir des rêves, de l'amour pour vivre bien cette journée. Regarder autour de moi, les personnes qui sont là, et juste, accepter. Et puis, à nouveau le train, Le Puy, les gros nuages noirs promesse d'une itinérance en relief, une attention de Martine à mon arrivée au gite...

L'Amour est au coin du bois et soutient le pèlerin pas encore perdu. Je vais entrer à présent dans le silence de la nuit, dormir,.... J'aimerais rêver à ces chevaliers dans leur nuit d'avant leur adoubement. Ils veillaient ; Parce qu'ils se déplaçaient à Cheval ?

Je vais me rassembler après ces heures de voyage.

A demain....J'espère