___ Du printemps vers plus tard ___

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi, 9 avril 2014

Mercredi...Ah! les occupations!

Toutes celles qui ne permettent pas, par choix, de prendre le temps d'écrire le billet du jour...
Choix assumé. Peut-il en être autrement avec à l'esprit l'idée du jardin?
boumerle_006.jpg A demain probablement...

mardi, 8 avril 2014

Mardi...Raconter? Se raconter?

Comment parlons nous de nous quand nous parlons?
Et parlons nous de nous? -Toujours!
Quoi que soit ce que nous disons, nous parlons de nous même avant tout. Les mots que nous disons passent par le filtre de ce que nous sommes et je pense qu'il est impossible de donner une information sans qu'elle soit connotée peu ou prou d'une orientation qui est en nous.
La physique quantique le dit: L'observateur influence la chose observée et est influencé par elle.
N'est ce pas fantastique cette idée de faire partie du "Grand Tout"?
Pierre poursuit son grandissement?
Est- ce bien toi?
Cette photo est un clin d’œil au travers de quatre années. Regarder en arrière de temps en temps...y compris dans un blog!
16

Chaque journée lui apparaissait dense et riche. Il avait su équilibrer les différents temps entre les exercices qu’il pratiquait dès le lever. Quotidiennement, il commençait la journée par un temps d’assise méditative qu’il pratiquait aussi par ailleurs en se rendant au dojo zen une fois par semaine. Puis il prenait quinze minutes pour son taï chi, ensuite, toilette, petit-déjeuner. C’est la lecture de Durkheim qui l’avait amené ainsi à la régularité dans l’exercice. La lecture du Petit Prince de Saint-Exupéry aussi, et en quelque sorte, il donnait rendez-vous au renard chaque jour à la même heure. « Il eut mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens par exemple à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai à être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai ; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur...Il faut des rites » Il n’avait pas tout de suite compris le sens de ce passage, et en avait saisi un sens possible en relisant ce texte, éclairé de la pensée de Karlfried Graf.Durkheim. Cela avait été un moment de joie pure, de compréhension, une interprétation possible d’un texte en lien avec un autre texte. C’est ainsi qu’il s’était exercé jour après jour jusqu’à percevoir au profond de lui-même la valeur de cette manière d’être. Depuis, ce qui apparaissait à certains de ses amis comme quelque chose de fastidieux, de monotone, il le vivait lui, comme la base même de son cheminement. Il soignait la qualité de ses relations. Là, il retrouvait l’enseignement de son grand-père ; chaque relation était l’occasion de manifester cette attention à ce qui venait de lui, à s’empêcher de projeter sur l’autre son monde intérieur. Sa compagne vivait cette relation amoureuse pleinement. Elle se sentait parfaitement en sécurité, trouvant dans la relation le respect et l’amour qu’elle attendait. Dans cette union, il était particulièrement attentif à respecter et honorer tout ce qui faisait différence avec elle. Il avait fait sienne cette vision de Rainer Maria Rilke qu’il avait un jour trouvée au détour d’une lecture : « Il faudra que les deux partenaires deviennent capables d’aimer cette distance qui les sépare et grâce à laquelle chacun des deux aperçoit l’autre, entier, découpé sur le ciel » . Ses amis appréciaient son ouverture d’esprit et sa fidélité. Ils lui disaient quelque fois qu’il était une sorte d’OVNI dans l’espace de la communication, qu’ils ne comprenaient pas ce qu’ils percevaient comme une capacité à se distancier, à réagir peu émotionnellement, mais que pourtant ils enviaient souvent cette manière d’interagir plus tranquille. Pierre leur expliquait souvent que les grandes émotions étaient bien différentes des grands sentiments, et que pour ce qui le concernait, il tentait de toujours privilégier les sentiments qu’il savait plus durables. Pouvait-il leur expliquer qu’il comprenait progressivement ce que son grand-père lui avait dit : « Dans une relation, il y a toi, il y a l’autre, et le plus important, il y a l’espace entre vous qui est la partie indispensable pour qu’il y ait une relation. De la même manière, Pierre, quand je te parle, il y a les mots et aussi le silence entre les mots sans lequel les phrases n’existeraient pas ». C’était à cette période qu’ils avaient agrémenté leurs promenades de longs moments où ils prenaient conscience du silence, présent en tout, de ce que son grand-père nommait la dimension matricielle de la vie.


Où tout cela mène-t-il?
A demain, probablement...

- page 2 de 10 -