___ Du printemps vers plus tard ___

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vendredi, 11 avril 2014

Vendredi; Oser se sentir bien avant le weekend

Oser se sentir bien. Bien, pas impatient!
Bien parce qu'il fait soleil, bien parce que j'écoute Haendel, bien parce que juste bien...
C'est pas forcément évident, notre esprit, nos pensées ont tellement tendance à aller déjà à demain, à après-demain; déjà à rassasier le présent d'un futur qui ne lui appartient pas.
Alors, être assis, sans plus, et se laisser porter par l'enthousiasme de Haendel. Enthousiasme; "en theo"; Dieu en dedans...Quelquefois, Dieu est assis au cœur d'une cantate.

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Au coin d'une rue quelquefois, sans s'y attendre, sans chercher, quelques personnes assises là, un chef, et la musique...
Haendel peut être partout, tout le temps...

Pierre ouvrait son cabinet...
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Les débuts furent difficiles, et bien des séances de supervision furent consacrées à l’accompagnement de ses nouveaux patients.



Et puis, les années passant, son cabinet prit de l’importance, et après une quinzaine d’années de pratique, il eut l’occasion de participer à des congrès, et fut sollicité pour participer à l’enseignement de thérapeutes dans une école. Là, il multiplia les expériences d’enseignement, et du fait de la présence dans plusieurs pays de cette école, il put travailler avec plusieurs groupes d’étudiants dont la pensée avait été structurée différemment, par une autre culture, par un autre cursus.



Il apprit à nouveau beaucoup de ces échanges, expérimenta la joie d’être écouté dans les congrès, put développer petit à petit la singularité de sa pensée, de son approche. Il changea d’école pour affiner encore quelques espaces de sa pratique, mettant en pratique l’adage qui veut que la meilleure manière d’apprendre est d’enseigner. Il donna de nombreuses conférences et expérimenta cette situation où la présence marquée de la fonction de conférencier lui permettait de dérouler sa propre vision des choses.
Vers la cinquantaine, il devint superviseur de ses jeunes collègues. Cabinet de thérapie, enseignement, conférences, supervision... Professionnellement il lui semblait qu’il manquait quelque chose. Il restait frustré d’une dimension qu’il percevait en lisière de sa conscience. Si sa vie personnelle lui faisait vivre des moments de plénitude, il sentait qu’il lui restait un espace de l’accompagnement à explorer, et que non seulement il le désirait, mais que c’était devenu une nécessité.



La pensée de son grand-père le visita beaucoup dans cette période ; il sentait qu’il devait s’extraire de quelque chose pour accéder à autre chose. C’est en forêt, au cours d’une promenade qu’il comprit qu’il lui était indispensable à présent de se détacher d’une forme d’accompagnement, une forme convenue en quelque sorte pour un accompagnement différent.



Et ce fut le début de l’expression de ce qu’il avait préparé depuis tant de temps et qui avait débuté avec les promenades avec son grand-père. Et ce furent les débuts de sa propre transmission.

Il m'arrive de parler avec Pierre, je lui demande quand il va transmettre.
Il sourit et répond: "Un de ces jour, probablement"...

jeudi, 10 avril 2014

Jeudi, penser à après, aussi

Être dans le présent veut-il dire que l'on ne pense ni au passé, ni au futur?
Non, c'est tenir ensemble et le passé, et le futur, et vivre cette linéarité temporelle...au présent! Ainsi, que va devenir l'histoire de Pierre? Qu'est-ce que je ressens lorsque je me pose cette question? La réponse se trouve ici même, dans ce présent où mes doigts matérialisent ma pensée sur le clavier de l'ordinateur.
Vivre au présent, c'est aussi conscientiser ces petites choses du quotidien. Cela n'a l'air de rien, mais tous ces moments de conscience forment un vaste espace de présent.
Un vaste espace de conscience.
Un vaste espace de paix libéré des flux inconfortables de certaines émotions.
Alors, se déploie majestueusement la dimension spirituelle de soi.

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...Et se tenir face au plein et au vide d'un arrangement floral, en percevoir une direction qui ouvre le haut, et...enracine le bas! jusqu'à se sentir observé soi même par la fleur.

Et Pierre?
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Deux enfants sont nés dans le couple formé de Pierre et sa compagne Justine. Comme parents, Ils ont expérimenté l’espace qui se trouve entre la théorie de l’éducation et sa pratique et il n’a pas été facile de superposer la théorie, la pensée de l’éducation et sa manifestation dans la relation.
C’est à cette occasion qu’ils ont pu mesurer que les affects, les émotions créaient des complications à l’application de ce qu’ils pensaient juste pour leurs enfants. Progressivement, le réel de la parentalité est venu éclairer la nature des difficultés qui existent dans cette relation singulière entre parents et enfants. Ce fut pour lui une autre occasion de revisiter la relation qu’il avait avec ses parents, de mieux la comprendre, et, à travers cette compréhension, d’approcher la singularité, l’altérité de ses parents, de les aimer différemment.



Pierre avait à cœur, comme le lui avait enseigné son grand-père de vivre le plus en cohérence avec ses valeurs. Il s’était ainsi forgé une éthique qui lui servait de limites, de garde-fou pour éviter de contaminer ses relations avec les autres ; ainsi, il avait conscience de s’occuper de son jardin, et surtout de ce qui pouvait passer de son jardin à celui des autres, de ses projections. Il avait également une grande attention à ce qui venait des autres vers lui, s’attachant à reconnaitre les projections des autres et à ne pas les considérer comme des vérités sur lui.
Il tentait de vivre au plus près de cet aphorisme de L.Wittgenstein : « La solution du problème que tu vois dans ta vie, c’est une manière de vivre qui fasse disparaître le problème ».



Ainsi allait sa vie. Après son diplôme de clinicien il travailla dans un service de psychiatrie au sein d’un hôpital. Le fait d’accompagner de nombreuses personnes à structure psychotique l’ouvrit encore plus à la notion d’altérité. Il apprit de ses patients toute la souffrance qui peut naître de l’impossibilité de se vivre différent des autres, au point de devoir les nier dans leur existence. Ce déni de la singularité, cette impossibilité à la subjectivité qu’il côtoya de nombreuses années affermit en lui son orientation vers tout ce qui pouvait aider à un positionnement de la personne. Avec ses patients, il approcha souvent la peur profonde, la terreur à vivre qu’ils manifestaient. Cela le marqua durablement ; cela positionna de plus en plus sa recherche vers tout ce qui pouvait être une possible réponse à ces douleurs.
Si la méditation l’aidait, elle pouvait aussi les aider eux. Il percevait en lui qu’une approche analytique ne pouvait être son seul mode de compréhension. Il se forma à la thérapie cognitivo-comportementale, qui à ce moment là avait plutôt mauvaise presse dans son milieu. Il partageait autant qu’il pouvait sa vision avec ses collègues, et se confrontait souvent à l’idée de différence qui à la fois orientait sa pensée, et le freinait dans un travail d’équipe.
Pierre se résolut à quitter l’hôpital et ouvrir un cabinet de consultation.


Toute décision procède d'une multitude de facteurs dont la plupart nous restent inconnus.
Prend-on le temps de se poser la / les questions?
A demain, probablement.

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