___ Du printemps vers plus tard ___

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l'"Avent" › 2 quinzaine de février

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vendredi, 26 février 2010

Quand l'Est s'allume

Quand l'est s'allume

Quand l'Est, l'Orient s'allume, la journée entame sa marche.

Moi aussi.

Ce n'est pas facile de marcher déjà sans marcher encore, d'être tendu vers le départ. Je mesure ce matin l'espace de ces 25 années où ce projet a été en pointillé. Je regarde vers l'est, vers l'aube, vers le recommencement.

Je me sens comme ces marcheurs qui après une longue montée devinent le sommet, et le moment où la forme du mouvement va changer, où le corps, penché en avant va se redresser et retrouver sa verticalité, une sorte de rectitude.

Ce matin, je perçois ce besoin de rectitude, corporelle, psychique. Mon dos semble endolori et veut se redresser. Sous quoi s'est-il plié? Devant quoi, qui, s'est-il incliné? Quel est le poids qu'il a ainsi porté vers le haut?

L'attente impatiente fouette la pensée et demande le mouvement; L'énergie retenue a besoin de se déployer; L'acte a soif d'accomplissement.

Les différents éléments qui m'accompagnent depuis ces quelques jours où j'écris le matin, le doute, la petite peur, la colère, la tristesse, l'espoir, le désir, l'enthousiasme, l'inquiétude, l'amour, la joie, tous ces "personnages" font un joyeux raffut dans ma tête.

Un jour, comme pour "petite peur" je tenterai de les photographier pour les mettre à l'extérieur de moi, pour les connaître mieux.

Pour l'instant, c'est la sarabande, je n'ose dire "la danse des canards", je dirais plus volontiers que cela me remet en souvenir certaines soirées où avec les amis (et de la bière) nous refaisions le monde; Le monde a-t-il changé? Pas de manière perceptible!

Avons nous changé? Oui, mille fois oui, et ces tumultes étaient comme l'externalisation de notre tumulte intérieur qui nous permettaient d'évoluer.

Là, je "tumulte" seul, et la douce présence de Martine m'aide, me remet les pieds au sol, m'ancre dans le Réel.

Je crois bien que je lui dois en partie la réalisation de ce projet. Merci à toi.

Je me souviens vaguement, dans "le banquet" de Platon, il se dit que le regard de l'autre que l'on aime aide à se dépasser dans les combats les plus grands; (ceci est ma libre interprétation de ce texte);

Partir, c 'est aussi manifester cet état de chose, c'est être cohérent avec l'expression de son amour, c'est, pour ce qui me concerne aujourd'hui, être debout, dans une belle verticalité, devant elle.

Remercie-t-on assez ces personnes qui, sur le chemin, nous aident à devenir nous même?

L'Est est un peu plus lumineux, je me sens un peu plus apaisé, les danseurs de la sarabande, se regardent, leurs mouvements sont plus lents, plus posés, plus justes.

L'avenir sera ce que nous en ferons...Et il sera le lieu de l'expression des sentiments que nous choisissons aujourd'hui. Au travail!!! Et,

A demain...Peut-être.

jeudi, 25 février 2010

Un jour de moins

L'attente est bonne.

Pourtant, la tension qu'elle suscite n'est pas forcément aussi confortable que je le souhaiterais quelquefois. Tu connais cet état où se mêlent délicieusement l'attente impatiente de ce qui est désiré, l'envie que cela continue, l'envie d'y être déjà... Approcher le concret nourrit encore plus le rêve, au point qu'il m'arrive de chasser de ma pensée ce bientôt qui s'annonce. Douce ambivalence de l'émotion! Le rêve qui se concrétise crée la place et peut-être la nécessité d'un autre rêve?

Sophie dans son commentaire parle des rêves qui se tricotent dans l'avenir, et se dévoilent un jour. La vie qui surprend au jour le jour, la surprise d'accueillir les cadeaux de la vie, qui sont aussi les cadeaux de nos rêves, ceux que l'on sait, ceux que l'on espère. Faire de son futur une transparence, des possibles, et aller tranquille (et ouvert (e)) vers ce futur. C'est se libérer du connu, c'est cheminer libre, ou se libérant des engrammes mémoriels qui quelquefois, souvent, s'imposent à nous.

Il me semble que chérir un ou quelques rêves fait partie de ce processus de libération. Les construire, en fonction de son désir, les connaître aide à s'orienter, à se donner une orientation propre, à trouver son Orient. Les rêves nous parlent autant de nous que le discours que l'on énonce, ou que les actions que l'on pose.

Dans le rêve, je peux découvrir et poser ce qui est important à mes yeux.

C'est ainsi que l'Amour a pris place dans mon rêve, avant peut-être qu'il en ait dans mon réel.

Hier, je disais que "petite peur" m'invitait à cela, comme moyen, état qui permet de traverser les peurs, colères, tristesses qui viennent du passé connoter le présent, en modifiant ainsi sa perception. Petite peur me donnait le médicament qui soigne ces mémoires.

Souvent nous parlons d'amour, (quelque fois au bord du gouffre comme disait B.C.), et je crois qu'il est de bon droit de se poser la question de ce que c'est? Plusieurs commentaires de ces derniers jours ont résonné avec ces mots qui parlent d'amour, et lire ces résonances était pour moi un moment...d'amour.

Pendant de nombreuses années, j'ai milité, lutté (d'abord dans un syndicat et un parti politique), pour tenter de changer les autres, la société. Je reconnais que je ne suis pas très doué pour cela, j'irai même jusqu'à dire que j'y suis d'une incompétence crasse. Mais "on" m'a accueilli dans ce parti, ces associations.

Que se passait-il alors pour moi? Je me sentais exister pour ces autres là, et cette évidence me permettait de me reconnaître aussi "existant", "étant".

D'autres groupes m'ont accueilli quand j'ai frappé à leur porte, et je dois bien dire aujourd'hui que j'ai frappé à tant de portes que j'en ai les phalanges toutes meurtries.

-Viens chez nous, nous te faisons une place, tu y auras ta place!"

De groupe en groupe, d'association en association, de chorale en chorale, d'église en église, je faisais l'expérience de vivre et d'avoir une place au sein d'un groupe.

Merci à vous tous, y compris aux groupes les plus farfelus que j'ai fréquenté de m'avoir permis de me trouver progressivement,

d'avoir essayé et changé de directions; "Non, ce n'est pas "ça"; Pas "ça" non plus. Cheminer de "ça" en "ça", jusqu'à trouver l'espace de "qui je suis".

Et la famille? La famille accueille le possible de l'individu à venir, elle le prépare, plus ou moins bien, à cette pérégrination qui le mènera à lui même, à son désir. La famille nous invite à nous séparer d'elle pour aller vers nous même. la famille qui retient est un "sparring partner" fantastique pour nous amener à libérer l'être qui sommeille. Et, étrangement, ce n'est qu'au prix de la séparation qu'il est possible d'y être pleinement membre.

Et l'amour?

L'amour justement sera après s'être nourri de ces rencontres, de ces accueils, y compris celui familial, d'entrer dans cet espace magnifique du don, de la générosité. Trouver sa joie à partager, trouver de l'énergie dans le don. Il y en a tellement plus que dans le recevoir!

Jean Yves Leloup, dans une de ses interventions, disait que plutôt que d'opposer l' Être et l'avoir, il est plus judicieux d'opposer l'Être et l'avare.

Garder par devers soi immobilise tout dans notre énergie. Laisser passer ce qui est, augmente et transcende le mouvement énergétique.

Alors, chaque fois que je suis visité par ces émotions anciennes, chaque fois que je doute douloureusement, chaque fois que je fatigue, je cherche quelque chose, quelqu'un à aimer.

Je cherche ce faisant ce lieu particulier où je vois l'espace magnifique de la différence, de cet "entre deux" qui souligne les particuliers. Je me sens impatient d'aimer toutes les rencontres à venir, d'aimer au bord, mais aussi au delà du gouffre,

et parce que le gouffre.

Si je ne tombe pas dedans....

A demain, peut-être.

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